Sirkeul, l'album parfait : Phosphorescent "A hundred times or more"




Nous invitons nos amis mélomanes à nous faire partager une pépite de leur discothèque et pas n'importe laquelle : il s'agit de l'album parfait. Pour répondre à ce critère pas besoin de faire preuve de mauvaise foi, d'être frappé d'amnésie chronique ou de faire l'inventaire d'une objectivité navrante... L'album doit s'écouter d'une traite, en aimant les morceaux tous plus les uns que les autres et... assurer qu'on écoute cet album hypra regularis depuis qu'on l'a découvert. Un album où l'on ne prétend pas qu'il n'a pas de défauts mais que, bien au contraire, on aime ces défauts et on ne les changeraient pour rien au monde.

Qui es-tu Sirkeul ?






On dit d’une matière qu’elle est phosphorescente lorsqu’elle continue à émettre de la lumière après l’avoir éclairée.
Cet album "A Hundred Times Or More"  continue à jouer sa petite musique lancinante après l’avoir écoutée. Il continu à vous fendre le cœur, à émettre un son de néon qui grésille lorsque un peu trop saoul vous prenez les pigeons pour des oies sauvages. Et que vous les regardez passer entre la lune et votre ville qu’elle éclaire.  Et que ça vous fait sourire. Si vous êtes un tant soit peu courageux allez d’un pas sur écouter cet album parce que parfois une bonne saigné cardiaque ça fait du bien.

Classic Hip Hop #6 : Redman / Muddy Waters


 Attention, la chronique qui va suivre ne sera absolument pas objective et adoptera par moment un ton proche de la groupie. L'auteur vous remercie de ne pas lui en tenir rigueur parce qu'après tout, c'est quand même lui qui décide.

Juillet 1996: il est 23h passé, c'est l'été, les vacances, le camping, les déambulations nocturne sur la plage avec la tribu, la belle vie quoi!
3 nanas sont assises sur le sable dans un coin, avec un poste à côté d'elles... Elles se marrent, ont l'air un peu éméchées;on s'invite comme des crevards, bien entendu.
Elles sont sympa et parlent beaucoup. Elles ont l'air mignonne dans la nuit, mais je m'en fous. Putain mais c'est quoi ce truc qu'elles écoutent depuis tout à l'heure??

-"ça?? Ben c'est Redman, tu connais pas??"

C'est moi ou elle me prend de haut, là??
Mais maintenant que je suis là depuis une demi-heure, à hocher la tête sur ces beats envoûtant, les tympans frappés par le flow original de Reggie Noble, j'me sens comme un con de ne pas connaitre effectivement. Alors que c'est qui, elle, pour l'avoir connu avant moi?? Pour oser me balancer mon impardonnable ignorance au visage, comme ça, avec son petit rictus désagréable.. Connasse, va!

Septembre 1996, c'est la rentrée, me voici décidé à prendre de bonnes résolutions: je ne veux plus rester un ignorant, je veux toute la discographie de Redman!!

Muddy Waters, le son écouté deux mois plus tôt, est donc le troisième album de la discographie du Monsieur, qui en comptera 3 supplémentaires pour sa carrière solo.
Assurément, c'est le meilleur! L'alliance parfaite du flow de Redman et des productions de Erick Sermon, maitre ès beats boueux et hypnotisant, à base de boucles de basses rondes et lourdes.

Cet album est un Hommage. Un hommage à Newark, le quartier d'origine du Mc, et à la vie qui va avec. Un hommage à ses influences musicales aussi : les emprunts à Rick James, Johnny Guitar Watson, The Isley Brothers ou encore Curtis Mayfield. Le titre de l'album est un hommage à l'artiste du même nom, la pochette est un hommage au film Léon, présentant le Funk Doctor sortant droit d'un marécage, assis dans cette pièce dont la décoration est réduite à un poste TV et une fleur de synthèse, le micro posé à portée de main, telle l'arme d'un tueur à gages.

Une bombe!

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